29.11.10
Pulsar'10 - Olivia Ruiz @ Santiago
Et voilà, sous un soleil de plomb et un ciel azur, la Chica Chocolate a mis l'ambiance en anglais et en espagnol devant un public malheureusement peu nombreux, faute de communication efficace...
Cela ne l'a pas empêché d'y mettre, comme toujours, tout son coeur, son corps et ses tripes! C'était la bonne surprise du samedi après-midi!
Noël dans l'Hémisphère Sud - chap. I
Lundi 29 novembre 2010
Ce n'est pas parce qu'il fait 30ºC à l'ombre qu'il ne faut pas commencer à se mettre en mode "Noel Spirit"!
C'est sûr qu'en tongues et en bikini à J-27, on a du mal à capter l'ambiance festive, mais l'overdose de pubs pour les jouets, les décorations, les chants traditionnels au supermarché et les petits messages nous rappellent qu'il est temps de suspendre 3 guirlandes et 2 boules à mon yukka!
26.11.10
Manifestation nocturne contre la violence faite aux Femmes.
Ce fut une bonne surprise de voir "autant" de gens étant donné l'absence quasi-totale de soutien des media, pour cette Journée Mondiale contre la violence faite aux Femmes.
Femmes, enfants, hommes, lesbiennes, gays, couples, familles, amis, chiens, ont marché, bougie dans une main, pancartes dans l'autre, pour attirer l'attention sur une situation bien trop acceptée et banalisée dans la société chilienne.
Marcher et élever la voix...Pour les femmes, ici et dans le monde, tombées sous les coups répétés et dans le silence...
Marcher et élever la voix...Pour les femmes qui subissent aujourd'hui, le silence et la violence physique et verbale...
Marcher et élever la voix...Pour que les petites filles d'aujourd'hui ne soient pas, demain, des victimes de l'acceptation et la banalisation de la violence conjugale ou institutionnelle.
25.11.10
Journée mondiale contre la violence faite aux Femmes.
Santiago, Chili
La violence faite aux femmes n'est pas un phénomène nouveau, et n'est pas non plus un phénomène qui se limiterait aux frontières d'un seul pays, d'un seul continent... Non, c'est depuis toujours, et partout dans le monde.
Alors il est normal que la Journée contre la violence faite aux Femmes soit un évènement planétaire. Ce qui n'est pas normal, c'est qu'ici, au Chili, la couverture médiatique de cette journée soit si infime.
Twitter, Facebook, les réseaux sociaux chiliens se souviendront du 25 novembre 2010 comme la journée de la Honte pour le nouveau logo du Gouvernement de Sebastian Piñera.
Tristesse... Alors qu'on ne peut pas dire que les Chiliennes soient spécialement épargnées du côté des violences conjugales...
Et elles aussi, elles ont honte, se taisent, subissent...
L'une de ces victimes chiliennes me racontait qu'elle ne pouvait pas quitter le domicile conjugal sans ses enfants. Et qu'elle ne voulait pas séparer ses enfants de leur père, pour ne pas se le faire reprocher quand ils seraient plus grands... Aujourd'hui, les enfants de cette femme sont grands, et lui reprochent de ne pas avoir pris soin d'elle, de ne pas être partie... Comme quoi, même quand on pense agir au mieux...
Il existe un réseau d'entraide: la Red Chilena contra la Violencia doméstica y sexual . Il s'agit de parler aux femmes, leur apporter un soutien, leur expliquer que se taire ne fait qu'empirer la situation. Cette association organise des campagnes, des réunions, des manifestations à travers tout le Chili.
Mobilisons-nous, ne soyons pas complices!
- Santiago,Plaza Italia, 20.30 hrs.
- Arica, 21 deMayo con P Lynch, 19.00 hrs.
- Iquique,Plaza Condell, Tarapacá/Vivar, 18:30 hrs.
- Valparaíso,Congreso Nacional 20.00 hrs.
- Quintero,Plaza del Deportista, 12.00 hrs.
- Coltauco,Av. OHiggins/ Av. Prat hasta Plazuela A. Prat, 20:00 hrs.
- Talca,Salvador Allende-11 Oriente/2 Sur, 19.00 hrs.
- Arauco,Plaza de Armas, Esmeralda/Chacabuco, 14.30 hrs.
- Temuco,Plaza Teodoro Schmidt, 18.00 hrs.
- Valdivia,Paseo C. Henríquez/Plaza, 19.00 hrs.
- Osorno,Plaza Yungay, 18.30 hrs.
- Castro,Plaza de Castro, 19.00 hrs.
23.11.10
Tragédie à Phnom Penh - Black WaterFestival.
22 novembre 2010
From Chile to Cambodia...
Chaleur, évanouissements, mouvements de foule, panique... Rien de tout ça n'est arrivé lorsque j'ai participé à la Fête de l'Eau, le Water Festival de Phnom Penh qui célèbre la fin de la mousson et le changement de courant du Tonlé Sap/Mekong... Je n'en avais que d'excellents souvenirs, colorés, joyeux... Maintenant j'imagine la tragédie, sur les rives de ce fleuve, sur le pont, tous ces endroits où j'ai passé pas mal de temps lors de mon séjour au Cambodge.
R.I.P...
Phnom Penh Water Festival (c) Lau'dyssée - 23 novembre 2007Sur son site internet, le journal Libération a publié l'article suivant:
Au moins 345 personnes sont mortes, selon un bilan officiel encore provisoire, dans une bousculade survenue lundi sur un pont de Phnom Penh lors des traditionnelles festivités annuelles de la Fête de l’eau.Le drame a eu lieu dans la soirée sur le pont qui relie Phnom Penh et Diamond Island, petite île du fleuve Mékong sur laquelle se tenaient les festivités de la dernière des trois journées de la Fête de l’eau.
Les bilans successifs se sont très vite alourdis, et dans la nuit de lundi à mardi le porte-parole du gouvernement Khieu Kanharith a indiqué à l’AFP qu’au moins 345 personnes avaient été tuées.
«La plupart sont morts étouffés ou de blessures internes», a indiqué Khieu Kanharith, qui a ajouté que le nombre de blessés s’élevait à 440.
Le Premier ministre Hun Sen a estimé qu’il s’agissait de «la plus grande tragédie depuis le régime (des Khmers rouges) de Pol Pot» qui avait fait environ deux millions de morts, soit un quart de la population, sous la torture, d’épuisement ou de malnutrition entre 1975 et 1979.
Hun Sen a présenté ses condoléances aux familles des victimes en annonçant une journée de deuil national pour jeudi (bien jeudi).
Le Premier ministre a indiqué que les causes de la bousculade meurtrière n’étaient pas encore déterminées. «Il est nécessaire d’enquêter davantage sur ce qui s’est passé», a-t-il dit, annonçant qu’une commission allait être constituée à cet effet.
Selon le porte-parole du gouvernement, la rumeur selon laquelle le pont n’était pas stable se serait propagée parmi la foule. «Cela a déclenché un mouvement de panique. Il y avait trop de monde et les gens n’avaient nulle part où s’échapper», a-t-il ajouté.
Aussitôt après la bousculade, un photographe de l’AFP avait pu voir les corps d’au moins 50 personnes étendus près du pont qui mène à Diamond Island. Le hurlement des sirènes de dizaines d’ambulances qui se ruaient vers les lieux retentissait dans Phnom Penh.
De nombreuses personnes, dont beaucoup étaient en larmes, se sont rassemblées devant l’hôpital Calmette de la capitale cambodgienne.
«Il y a 105 morts à l’hôpital Calmette» et d’autres corps ont été transportés vers d’autres hôpitaux de la capitale, a déclaré dans la soirée à l’AFP un responsable de la police.
Des témoins ont raconté que des mouvements de foule avaient commencé sur le pont.
«Nous étions en train de traverser le pont vers Diamond Island lorsque les gens ont commencé à pousser de l’autre côté. Il y avait beaucoup de cris et de panique», a déclaré à l’AFP Kruon Hay, 23 ans, qui se trouvait encore sur les lieux.
«Les gens ont commencé à courir et ils tombaient les uns sur les autres. Je suis tombé moi aussi. Je n’ai survécu que parce que d’autres gens m’ont relevé. Beaucoup de gens ont sauté dans l’eau», a-t-il dit.
Des policiers transportaient les corps hors de la scène du drame, où les cadavres étaient alignés sur le sol. Une grande partie des victimes étaient de jeunes Cambodgiens.
Des millions de Cambodgiens se trouvaient à Phnom Penh pour assister aux courses de bateaux, aux concerts et aux feux d’artifice qui se déroulent tous les ans dans le cadre de la Fête de l’eau.
Cette fête a pour origine la volonté de remercier le fleuve Mékong, qui assure au Cambodge des sols fertiles et un poisson abondant. Elle est la plus grande fête traditionnelle du Cambodge. Rituellement fixée à la pleine lune de novembre, elle marque la fin des crues.
(Source AFP)
16.11.10
Partir pour voyager.
16 novembre 2010
Hasard, mon ami, comme tu fais bien les choses...
Au détour d'un forum, d'un message laissé, d'une réponse envoyée, je me suis retrouvée dans un minuscule appartement au 13ème étage à juste 5 minutes de chez moi devant une salade caprese et un plat de ravioli buenissimo préparés par Gionata, le motard-aventurier italien chez lequel j'ai donc été invité.
Le genre de rencontres qui inspire, fait réfléchir, suscite la curiosité, provoque des questions, excite la réflexion...
Gionata, 28 ans, de Florence, away from home depuis maintenant 6 ans... Il a quitté l'Italie avec sa moto, une Honda Transalp de 1987 aux couleurs de son pays, a traversé la Russie, la Chine, le Japon, l'Asie du Sud-Est, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Amérique du Sud... Mais il ne fait pas que passer. Il s'arrête, il vit, il partage, il donne, il aime, est aimé, et il travaille aussi... il faut quand même précisé qu'il a quitté son pays avec 2200€ en poche... Il existe maintenant toute une communauté qui le soutient, par l'intermédiaire de dons, ou en achetant des chemises ou t-shirts à l'effigie de son aventure....
En ce moment basé à Santiago, il réfléchit sur la suite de son voyage, comment mettre un oeuvre une structure qui lui permette de faire partager sur le terrain ce qu'il vit au quotidien depuis 2004. Il reprendra la route, vers le nord, probablement en mai 2011...
L'écouter raconter les centaines d'anecdotes qu'il a en stock, c'est assurément s'évader, rêver, frissonner, s'enthousiasmer et se réjouir de savoir qu'il existe encore de vrais aventuriers.
Et puis, comme il le dit, Gionata n'est pas parti pour arriver...Il est parti pour voyager.
Si vous voulez connaître son aventure plus en détails, le soutenir, ou voyager à ses côtés, cliquz sur l'image ci-dessous.
26.10.10
"Mineurs chiliens : après le show médiatique, les comptes ?" par Cristina L'Homme.
« Que sais-tu de la cordillère, dit la chanson… toi qui es né si loin. Il faut connaître la pierre qui couronne les glaciers, et parcourir, muet, les chemins du silence. » La voix du chanteur sur la place de Copiapó, rassemble les passants. Des passants qui ont les yeux injectés de sang, rouges, la peau tannée, les rides profondes. Des mineurs. Ils viennent tout juste de manifester.
La presse du monde entier est là, dans la ville ou sur les chemins qui mènent à la mine San José, mais elle ne s'intéresse pas à eux. Eux qui crient à l'injustice, parce qu'ils demandent que l'entreprise minière San Esteban (celle qui possède la mine San José) leur paye le salaire du mois de septembre et qu'elle leur remette leur solde de tout compte pour pouvoir, enfin, chercher du travail ailleurs.
Les journalistes passent devant sans poser de question
Le show est ailleurs. Les propriétaires de San Esteban le savent et en profitent ; ils disent être des « victimes », et expliquent à qui veut les entendre qu'ils vont devoir fermer boutique, se mettre en faillite. Manque de bol, un technicien qui a travaillé plus de deux mois autour des machines de sondage qui se sont affairées nuit et jour pour faire sortir les 33 mineurs, a lâché l'information à la presse locale : les forages ont mis à jour de nouvelles veines de la mine San José. D'or et de cuivre.
Les « dueños de la mina », (les patrons de la mine) de San Esteban ne pourront plus parler de faillite. Il va falloir payer. Et payer cher. Les familles des 33 mineurs se sont regroupées, elles ont pris un avocat.
Le tableau semble sorti du Moyen-Age
Les méchants proprios qui exploitent les mineurs, se remplissent les poches et se fichent des conditions de sécurité. Un cliché ? Ailleurs, on pourrait le dire, oui. Mais pour le Chili du XXIe siècle, qui connaît bien les conditions de travail des mines de petite et de moyenne taille, dans ce secteur qui lui rapporte la majeure partie de ses devises, c'est une réalité.
Pourtant, dans la même région, d'autres propriétaires, aussi puissants et argentés que ceux de San Esteban, comme Leonardo Farkas, adulé par les mineurs, donnent généreusement aux plus démunis. « Pour se faire voir », diront ses détracteurs. N'empêche. Farkas que les pauvres du Chili regardent comme un Robin des Bois, donne, et n'arrête pas de donner. Lui aussi a été mineur et fils de mineur. Et son discours pourrait être le suivant : « Moi je donne et je suis encore très riche. Si les autres propriétaires des mines faisaient la même chose, on pourrait combattre la pauvreté. »
Ça y est, ils sont sortis !
Le président chilien Sebastián Piñera a tiré tous les bénéfices du spectacle, les sondages ont grimpé à toute volée. Il aura été « le premier » à leur parler devant les caméras, « le premier » à leur donner l'accolade, « le premier » à leur présenter sa femme… tout comme les grandes marques internationales ont voulu être « les premières » à leur avoir envoyé du shampoing, de la mousse à raser, des baskets… et les journalistes « les premiers » à recueillir le premier baiser, la première sortie dans la rue, le premier verre de vin, le premier réveil…
Mais demain ? Demain ils seront aussi les premiers à les oublier. Comme on a oublié les 23 autres mineurs, morts et officiellement enregistrés (sans compter les autres qui n'auront pas été déclarés) dans les mines chiliennes en 2009.
Qu'en pensent « los 33 » ?
Les 33 mineurs attrapés depuis le 5 août après un éboulement d'une masse pesant environ 700 000 tonnes, n'en attendaient pas tant. Eux, ce dont ils rêvaient, c'était d'abord qu'on les trouve, puis qu'on les sorte vivants de l'enfer. Ils ont résisté, ils ont tenu le coup. Et leur arrivée, après ce long tunnel-cordon-ombilical qui les reliait à la lumière de cette nuit du 13 octobre, est un véritable hommage à la vie. Un hommage qu'ils ont (et nous avec eux, en direct), vécu avec les tripes. Et ce malgré le spectacle, le show et tout le reste.
Aujourd'hui, la fête les prend, ne les laisse pas s'échapper, mais au fond d'eux, quelque chose semble éteint. Ça se voit, ça se palpe. Il suffit de les regarder quand la caméra s'écarte. Les yeux qui se perdent dans le vide. Le rictus, le sourire forcé.
Quelques mineurs ont compris que les médias en soif de stars, leurs jetaient des paillettes, et qu'il faut en profiter tant que ça dure. La plupart ont saisi qu'ils pouvaient monnayer leur histoire à coups de millions pour s'assurer un avenir moins sombre que celui d'un simple mineur. Et qui songerait à s'en offusquer, après deux mois d'un cirque qui a rapporté des milliards à toutes les entreprises qui ont su en profiter…
D'autres s'enferment derrière des lunettes sombres, se protègent. Mais ça, il n'y a que les très proches parents qui le voient. Le cauchemar des 33 mineurs n'est pas vraiment terminé. A partir de maintenant, un autre cauchemar commence, celui qui consiste à faire face aux images du fond qui reviendront toujours, d'intégrer ce vécu pour qu'il ne les submerge pas, qu'il ne les empêche pas de vivre.
La fascination du monde entier peut facilement se
comprendre : l'événement fait appel à notre inconscient collectif, à la
peur de mourir étouffé, à l'angoisse du noir, de se trouver dans les
profondeurs de la Terre, au milieu de nulle part, entre roc et pierre,
seul. L'angoisse prend à la gorge parce qu'on s'identifie à l'être,
enfermé, à 700 m sous terre. Et ce n'est pas qu'un chiffre 700 m. Il
suffit de regarder par le hublot de l'avion, quand il décolle, pour
s'apercevoir qu'à cette hauteur-là, l'être humain est plus petit qu'un
petit point. Et d'imaginer l'inverse : être dans un lieu obscur, fermé,
et regarder vers le haut sans voir la lumière…
En marge du « spectacle », le quotidien du monde des mines
Je viens de passer du temps à Copiapó. Mais je suis partie quand la horde des journalistes est arrivée (2 000 à 2 500 personnes semble-t-il), trois jours avant le sauvetage. Et ce qui m'a frappé, c'est le drame humain du monde des mineurs qui s'y déroulait, en marge du show médiatique.
L'histoire des mineurs, c'est leur difficile accès à l'éducation, ce qu'ils transmettent à leurs enfants, la fierté d'être mineur, la réputation d'aimer profiter de la « belle vie », de boire, de tout dépenser le 15 du mois, dans les bars et chez les filles… Cette histoire, est celle de familles pauvres pour la plupart, dont les hommes s'engouffrent dans les mines et y retournent toujours, malgré les accidents, malgré la peur. C'est l'histoire d'hommes qui se taisent quand il y a un accident, de peur de perdre leur emploi et ne plus pouvoir nourrir leur famille.
Même si le mineur y gagne en moyenne plus que dans d'autres métiers (surtout s'il a reçu une formation et encore plus s'il est ingénieur), le monde des mineurs n'a rien d'enviable. Plusieurs femmes m'en ont parlé, qui appartiennent à des milieux sociaux très différents. Leur témoignage est aujourd'hui écrit noir sur blanc. Un moyen de rendre hommage à leur dignité, à cette force qu'elles ont affiché depuis le début et jusqu'à la fin. Pour elles, ce drame n'était pas un spectacle : elles étaient là parce qu'il y avait, sous terre, un mari, un père, un frère.
Le manque de sécurité n'est pas un problème nouveau
Le Chili, pays à tradition minière, le premier producteur de cuivre (une production qui représente un tiers de l'offre mondiale), ne découvre pas le problème de sécurité. Il le connaît depuis des siècles.
Il est absolument inconcevable que des institutions de l'Etat chilien puissent tenir le discours du « je ne savais pas », et encore moins du « nous sommes responsables mais pas coupables ». C'est pourtant ce qu'elles font en se renvoyant la balle : les uns auraient reçu des pressions ou disent avoir signé mais sans envie malgré des rapports alarmistes depuis 2001, les autres se réfugient derrière la question du chômage.
Parce qu'il ne faut pas oublier qu'elle s'était exprimée, la mine, elle avait prévenu : « Elle grinçait », disent les mineurs. « Elle était mauvaise, méchante. »
L'Etat n'a pas fait de cadeau, mais son devoir
Ne nous leurrons pas. Le Chili n'a pas fait de cadeau aux mineurs. Il a fait son devoir, n'ayant jamais assuré son rôle de contrôle de la sécurité d'un certain secteur minier (de petite et moyenne taille). Fermant les yeux sur tous les abus. Aujourd'hui, les 33 et leur joie d'être vivants et hors des entrailles de la Terre, cachent la réalité de leur monde, celui que dénoncent les manifestants sur la place de Copiapó.
Il suffit de se tourner vers un passé, pas si lointain, et se remémorer le 21 décembre 1907 : ce jour-là, l'armée tirait sur plus de 14 000 mineurs boliviens, chiliens et péruviens, manifestant dans le port d'Iquique pour dénoncer les conditions inhumaines de travail et les salaires ridicules. 2200 à 3600 personnes, femmes et enfants y ont laissé leur vie.
Photos : les foreuses de la mine san José, le « campamento Esperanza », un vrai petit village sorti de nulle part ; la mine Galleguillos, voisine de San José (Cristina L'Homme/Rue89).
[1] http://www.rue89.com/alma-latina
[2] http://www.rue89.com/alma-latina/2010/08/23/mineurs-au-chili-il-y-a-eu-un-relachement-du-cote-de-la-securite-163609
[3] http://www.rue89.com/alma-latina/2010/08/08/chili-33-hommes-coinces-au-fond-dune-mine-dans-le-nord-du-pays-161443
[4] http://www.rue89.com/tag/chili
[5] http://www.liberation.fr/monde/01012296805-au-chili-il-etait-temps-que-la-terre-donne-la-vie
Le Piñera Incident - Prix Gaston Lagaffe 2010
Et bien non! Il a sûrement vu écrit quelque part la phrase "Deutschland über alles" sans trop se souvenir oú, et a pensé que cela serait parfait comme petit mot à glisser dans le Livre d'Or que signent les Chefs d'Etat en visite en Allemagne... C'est bien sûr une gaffe, d'une naîveté extrême, mais force est de constater le manque de culture générale de cette personnalité qui représente son pays, 17 millions de Chiliens, à chaque instant... Ici, la gaffe a fait rire...que faire d'autre?
"Que le benêt nous gouverne et que l'on continue à en rire!", cela pourra être la devise du peuple chilien, si j'avais envie d'être mauvaise langue...ou pas.
20.10.10
La France en crise vue d'ici...
20 octobre 2010
Le président chilien, sauveur de mineurs au fond du trou, s'était donc arrangé pour que l'opération de sauvetage la plus célèbre de la planète ait lieu avant sa tournée européenne.
Et il a été accueilli, en particulier au 10 Downing Street, comme une super star, un héros des temps modernes! Il surfe sur la réussite de l'opération San Lorenzo, offre des cailloux "made in San Jose" à tous les chefs d'Etat qu'il croise sur son chemin etc.
Et puis il est arrivé en France, où il s'est réuni avec Nicolas Sarkozy pour la 3ème fois depuis sa prise de mandat. Ils semblent s'entendre drôlement bien ces deux-là, deux larons en foire, façon Gang de Requins...
Alors il n'en fallait pas plus pour que les manifestations françaises qui ont accueilli el señor Piñera, fassent la une des quotidiens chiliens.
Drama, drama...On m'a demandé ici si c'était la guerre civile dans l'Hexagone...no comment... Rien de si exceptionnel, n'est-ce pas?
Là où ça devient compliqué, c'est quand il faut expliquer que les Français sont dans la rue pour ne pas partir à la retraite après 60 ans... Autant vous dire que dans un pays où l'un des héros du peuple est Mario Gomez, mineur depuis l'âge de 12 ans, attrapé au fond de la mine avec 32 autres, à l'âge de 63 ans parce que pénibilité ou pas, il faut travailler, c'est un peu la honte de devoir justifier l'attitude de tous ces Français râleurs professionnels qui ne savent que s'assoir sur leurs avantages sociaux acquis par nos aïeuls aux cours de longues luttes douloureuses mais nécessaires... Et ben là aussi, c'est peut-être une réforme douloureuse, mais nécessaire...
Etre Français à l'étranger cette année, c'est pas vraiment une situation reluisante en tous cas... La honte de la Coupe du Monde, la honte maintenant des manifestations pour la retraite...
Mouais...bof... Ca fait partie des choses à savoir lorsqu'on part vivre loin de chez soi...
15.10.10
14.10.10
Mineurs sauvés: 33 - Entrailles de la Terre: 0
Santiago, Chile.
Le reality-show le plus angoissant, car réel, et le plus regardé de par le monde, vient de se terminer...70 jours d'angoisse, d'attente, de solidarité, de courage, d'émotions, d'"Union fait la force", de "Chi-Chi-Chi, Le-Le-Le, Los Mineros de Chile!", d'organisation, de couverture médiatique totale, d'intérêt scientifique international...
Les 33 mineurs bloqués au fond de la Mine San José, à 700 mètres de profondeur, pendant 69 jours sont enfin remontés à la surface au 70ème jour. Une opération de sauvetage extrêmement bien menée, savamment calculée, et qui s'est déroulée absolument sans accroc, grâce à l'aide surtout des 12 sauveteurs spécialistes qui ont travaillé sans relâche les 24h qu'aura duré ce sauvetage.
La moitié d'entre eux sont descendus dans la mine, à l'aide de la fameuse capsule Fénix 2, pour aider les mineurs à la remontée.
Si chaque apparition à la surface des 33 mineurs était un moment d'émotion particulièrement intense, je crois que le plus fort, en ce qui me concerne, fut d'assister à la remontée du tout dernier sauveteur, après avoir renvoyé tout le monde vers la lumière. Il a salué joyeusement la caméra qui avait éte installée au fond, s'est débrouillé pour se mettre seul dans la capsule, à fermer la porte, jeté un dernier regard sur ce refuge des Entrailles de la Terre, et a regardé en l'air, vers la sortie, depuis son habitacle de 53cm de diamètre. La remontée qui a duré environ 15-17 minutes a paru longue, mais bien moins que tout ce qui avait été envisagé. Et une fois la capsule à l'air libre, la porte ouverte par ses collègues, une fois extrait de ce petit ascenseur incroyable, le pied posé sur la terre ferme, on a pu enfin dire "ça y est, c'est ENFIN terminé".
Les images de retrouvailles, les larmes de joie des familles, des journalistes du monde entier, les embrassades entre inconnus, les regards mouillés de larmes des collègues mineurs de cette région qui ne vit quasi-exclusivement que de l'exploitation du cuivre, les prières, les drapeaux...Autant d'images fortes, de moments incroyables d'unité qui ne m'avaient pas été donné de vivre depuis....le tremblement de terre du 27 février 2010... Mais cette fois, avec une fin réellement heureuse, et en cette année du bicentennaire du Chili, des héros qui resteront à jamais dans le coeur de chacun.
"Tant qu'y a d'la vie, y'a d'l'espoir"... Et quel espoir...

(c) La Tercera - 13102010
12.10.10
Villégiature de fin de semaine.
Santiago, Chile.
Il est souvent inutile de chercher très loin parfois, un endroit où l'on se sente bien...
Le petit café, le "Bistrot de la Barra", est à 200m de chez moi, et c'est un lieu où j'aime passer du temps, lire, écrire, penser, discuter, boire et manger... Jolie terrasse ensoleillée les après-midi, personnel jeune et sympa, d'excellentes pâtisseries, un café goûtu, et des jus de fruits frais... Véritable café de quartier, on y retrouve les artistes, journalistes, étudiants et voyageurs qui vivent dans le Barrio Lastarria / Bellas Artes...
27.9.10
Là où me conduisent mes pas...
Il s'agissait d'une manifestation en faveur du mariage homosexuel au Chili... Pays qui recule plus qu'il n'avance lorsqu'il s'agit de sujets controversés du genre... Conservatisme quand tu nous tiens!
J'étais heureuse de me mêler à la foule, chantante, dansante, partageant, échangeant, s'affichant, librement... Un peu de liberté... Que c'est bon!! Mais pour le reste, nous dirons que l'espoir fait vivre... Car le Chili n'est pas l'Argentine, et le Mapocho a encore le temps de couler sous les ponts avant qu'on assiste au premier mariage gay de ce côté-ci de la Cordillère...
Paris et sa Fashion Week...Santiago et sa Frustration Week!
Dimanche 26 septembre 2010
Elle était pourtant un peu plus courte que d'habitude, cette semaine, mais en aucun cas plus allégée en frustrations de toutes sortes!
Et après un fabuleux et zen weekend de 4 jours 1/2 (peut-on encore appeler ça un weekend?), el Pulento (c'est le petit nom que l'on donne à la Force Supérieure de notre Univers, quel(le) qu'il/elle soit) a voulu m'en remettre une petite couche! Pour que surtout je ne continue pas à profiter de la douce félicité de mon séjour valparaisien....
J'ai passé une demi-journée à courir dans Santiago, à braver les chauffeurs de taxi aux carrières de pilotes F1 ratées, à me confronter aux employés de banque qui auraient tout à gagner à passer le concours de fonctionnaires, à la poursuite de quelques EUROS pour un charmant patron un peu trop vintage qui ne croit pas à l'utilisation de ses 15 cartes VISA/MasterCard sur le vieux continent, et préfère partir avec une grosse enveloppe pleine de cash...
Mais qui voyage encore comme ça de nos jours?? Le plastique, c'est bien connu, c'est FANTASTIQUE! J'ai renoncé à user mon énergie pour justifier mon discours...NON à la présentation powerpoint "Platinum vs. Billetus Vulgarus" (quoique j'aurais su le convaincre...)
Bref, plus un seul Euro into town...enfin pour ceux qui s'avouent vaincus au premier rejet...ce ne fut pas mon cas, j'ai remué quelques bureaux de change, secoué quelques costumes, tiré quelques cravates et je ne suis pas rentrée broucouille comme on dit dans le Bouchonnois... mais punaise, que de frustration, de perte de temps, de manque de volonté à faciliter la vie de son prochain...
Un autre petit épisode enrichi en mauvaises ondes, la semaine passée... Twittant frénétiquement je vois passer une sorte de petite info, l'air de rien... La grande chaîne de magasins FALABELLA (sorte de Nouvelles Galeries chiliennes) a remis, en présence et avec la bénédiction du Ministre de l'Education, a des dizaines d'enfants des quartiers les plus défavorisés de Santiago, un iPad...chacun! A des gamins dont les parents n'ont pas de quoi payer l'électricité ET 3 repas par jour... Que l'on m'explique, pourquoi, dans quel monde cela est-il possible sans faire une seule vague? Dans des quartiers où il arrive souvent que le moindre objet de valeur soit vendu pour acheter malheureusement pas uniquement le nécessaire, sinon également le superflu, vendu en bouteilles, en paquets, au gramme...
Fort à parier que l'on retrouvera ces iPads sur le marché parallèle pour un prix défiant toute concurrence dans les semaines à venir... Ca me met en colère, de voir le Ministre Lavin posé fièrement avec quatre petits gamins qui ont entre les mains quelque chose qui ne leur sert à RIEN! Mais alors, qu'est-ce qu'il est content de lui Monsieur le Ministre... Quel grand pas pour l'éducation dans ces quartiers défavorisés vient-il de faire?! Et quel coup de pub puant et vulgaire pour Falabella!
L'incompréhension, la frustration, et même une sorte de colère me nouent le larynx! Et moi de demander à la ronde "n'y a-t-il que moi que cela choque?"
A cette question posée à des Européens, la réponse était bien sûr "effectivement, choquant et incompréhensible". A cette même question posée à des Chiliens "mouais, bof, c'est bien quand même...".
Pincez-moi je rêve!
Encore un exemple? L'ex-Présidente de la République chilienne, Michelle Bachelet, a été nommée à la tête de ONU-Femmes, une structure vouée à la défense des droits de la Femme dans le monde... J'ai appris cette info par des dizaines de journaux internationaux avant d'en entendre parler ici, au Chili, comme il se doit...Ce n'est seulement que le lendemain que quelques minutes furent accordées à l'information, et à Mme Bachelet... Personne n'a évoqué le sujet autour de moi, ni au bureau, ni dans le bus... Si ça ne concerne pas les mineurs coincés au fond du trou, ou les Mapuches, très peu de chance qu'on en parle aux infos...
Ah oui, parlons rapidement des 33 mineurs... Effectivement, ils doivent vivre quelque chose de relativement proche de l'enfer, mais maintenant bien ravitaillés, surveillés, coachés, divertis... Ils ont malgré tout souhaiter reprocher au gouvernement un manque de solidarité...
Otez-moi d'un doute...Est-ce que c'est parce que je suis dans l'hémisphère sud que j'ai l'impression qu'on marche sur la tête ici?
PS: Cela fera 7 mois dans quelques heures que le tremblement de terre du 27 février a eu lieu...laissant des milliers de gens sans toit, sans recours, sans espoir... Et aujourd'hui? qu'en est-il? Pas de nouvelle, bonne nouvelle? Je doute que cette maxime s'applique dans la situation actuelle... Enfin, pourquoi s'inquiéter ou s'énerver? Comme dit mon cher boss, dans un haussement d'épaules empli d'impuissance et de passivité "C'est ça le Chili!"...


















