4.3.11
La fin du voyage.
C'est d'un voyage intérieur dont je parle. Une démarche, un processus de réflexion, une analyse on peut dire aussi.
Il est vrai que pour beaucoup, cela va de paire avec le fait de partir, d'avancer.
On se trouve, on se perd, on pense avoir trouvé, et l'on perd à nouveau le fil, celui qui raccroche, qui aurait empêché que l'on flotte éternellement entre le Ciel et la Terre, sorte de permanent état second...
Chaque voyage est différent, et le mien touche à sa fin.
Ile de Pâques, nombril du monde, retour à l'Origine....
Pour Ivan, éternel voyageur...
21.2.11
10.2.11
"Vous avez un nouveau message..."
En descendant du bus, dans le secteur de Providencia à Santiago, je tombe sur l'affiche de cette campagne de pub. Teasing, teasing... Mais j'aime le message.
Je suis unique. Pas plus mal pour les autres... Je le note pour ne pas sombrer aux angoisses nocturnes pré-retour... I am unique... et j'enchaînerais bien avec la rengaine Jamesbluntienne "You are bioutiful"... Ben ouais quoi...tant qu'à faire...
Unique and Beautiful. Welcome to my ReaLity...
21.1.11
Un nouveau chapitre.
Parce que la vie est ce qu'elle, pleine de surprises, de virevoltes, de demi-tours, et parce que je suis celle que je suis, jamais prête à me satisfaire d'un "à peu-près" qui ne me ressemblerait pas... Je vends la caravane et je dis "banco"!
Ou plutôt, je vends le mobilier, j'emballe le vestimentaire, et je repars... Voire...je rentre. Je ne sais plus s'il s'agit de terminer enfin le voyage, après 4 ans, ou bien de commencer une sorte de nouvelle vie sur une ancienne Terre...
Bref, adios Chile, hasta luego Santiago!
Il s'agit d'anticiper un peu le retour, professionnel j'entends. Atterrissage hexagonal prévu mi-mars. Alors je lance un appel, à mes fidèles lecteurs, suiveurs, supporteurs et commentateurs...
Je tiens mon joli C.V à votre disposition... Vous m'avez lue, connue, reconnue, soutenue. Je fais appel à cette belle communauté pour m'aider à trouver de quoi recommencer à écrire les nouvelles lignes de ce nouveau chapitre, que je pourrais intituler "Bienvenue chez moi?".
Alors voilá, jeune fille, dynamique, enthousiaste, orthographe impeccable, etc. étudie toute offre d'emploi que l'on voudra bien lui communiquer. CV disponible sur demande.
"In social networks I believe".
17.1.11
Parapente over Pacifique.
J'avais dit une fois "Si je fais du parapente, ce ne sera pas au-dessus de Santiago, mais au-dessus de l'océan..." Et puis le temps passe, et l'occasion ne se présente pas, et il faut dire ce qui est, on ne la provoque pas non plus... Pas les bonnes personnes, pas le temps...
Sauf qu'un soir, dans un bar, après quelques verres et avec de quasi-parfaits inconnus, le sujet sort de nulle part, et un "chiche on y va samedi prochain, hein?! - Ouais, ouais! on y va!"...
Au final, sur 5, nous ne sommes plus que 2, mais peu t'importe, samedi matin, tôt, nous sommes en route....Le soleil, le ciel bleu, la petite brise marine nous accompagnent et qui aurait rêvé meilleures conditions pour un voyage dans le ciel?
J'ai volé avec les pélicans, et ça, c'était même pas sur ma ToDoList... Une journée juste magique, en excellente compagnie, de celles qui resteront lorsque je repenserai à mes années chiliennes...


12.1.11
Il ne faut jamais dire Fontaine"...
Rien que de l'eau... en cette chaude, chaude, chaude fin de journée dominicalement estivale... Une petite brise, et c'est la douche, bienvenue et rafraîchissante! Un brumisateur semi-naturel accueilli par les cris d'enfants heureux pour une fois de passer sous la douche!
6.1.11
26.12.10
2010 - Don't look back in anger.
Santiago, Chile
Un rapide coup d'oeil en arrière sur cette année qui touche à sa fin...mouvementée, agitée, secouée et pour cause!!!
- Haiti et son terrible tremblement de terre...milliers de morts, de sans-abris, d'orphelins, et à quelques jours de son premier anniversaire, une désastreuse épidémie de choléra, une élection présidentielle vérolée, et aucun signe de reconstruction à l'horizon...
- Le Chili et son 8.8 à 03.34 le 27 février... Tremblement de terre, tsunami, pillages... Un pays avec un gouvernement stable, une balance économique positive, des moyens importants et toujours, toujours, 11 mois apres, des gens qui vivent dans des tentes, dans des cabanes en bois, que tout le monde ou presque a oublié...
- La droite revient au pouvoir lors des élections présidentielles chiliennes. Michelle Bachelet quitte la Présidence du pays et la terre tremble... Quelque chose me dit que l'Univers n'est pas d'accord pour accueillir sur le trône républicain le nouveau président Sebastian Piñera... Nous devrions écouter plus souvent les signes de la Nature.
- La Coupe du Monde de football en Afrique du Sud, le fiasco français et les heures de productivité perdues, probablement partout, mais notablement ici, à Santiago. Bonne ambiance qui tourne au combat de lacrymos les soirs de match du Chili... et je ne compte plus le nombre de fois où l'on m'a demandé de justifier le comportement de l'Equipe de France, comme si moi, j'étais capable d'expliquer pourquoi une bande de jeunes garçons payés des millions mensuellement ont trouvé bon de s'illustrer de la pire façon qui soit, comme des enfants gâtés et capricieux. La France est devenue la capitale mondiale de la honte publique à cette occasion...
- Août, éboulement à plus de 700m de profondeur dans une mine chilienne...33 hommes sont bloqués... Rebondissements à répétition, émotions, un reality-show d'envergure mondiale, et une fin digne d'un conte de fées, 70 jours plus tard... Le Chili devient le centre d'attention du monde entier, la capitale de la fierté, de la réussite et du courage! Le President Piñera part ensuite en tournée mondiale gonfler son torse de coq orgueilleux, semant, tel le petit Poucet, des cailloux venant de la "Mine", symbole du peu de contrôle et de sécurite qui existent dans le secteur minier chilien.
- Intempéries en Colombie, au Brésil, au Vénézuela...les pluis torrentielles font des ravages.
- "Unplayed Piano".... 13 novembre 2010, Aung San Suu Kyi, la Birmane, opposante au régime militaire, Prix Nobel de la Paix en 1991, est libre de sortir de sa maison où elle avait été assignée à résidence depuis 1989...
- Un bus de la compagnie TUR BUS sort de la route, et fait une trentaine de morts à une centaine de kilomètres de Santiago... C'est de la faute de personne, mais peut-être oublie-t-on de mentionner que si le chauffeur avait respecté ses horaires officiels de travail, il avait probablement un autre job pendant son temps libre pour subsister à ses besoins et à ceux de sa famille...2 mois plus tard, plus personne n'évoque le drame...
- Un incendie se déclare dans un bâtiment de la prison de San Miguel à Santiago à 5.30 du matin...Plus de 80 victimes, les pompiers ont été appelés soi-disant un peu tard, aucune norme de sécurité respectée, communication en situation de crise absolument dramatique pour les familles en attente d'information.... Et des milliers de commentaires dans les cafés, sur les marchés ou aux arrêts de bus, qui font froid dans le dos..."C'est bien fait pour ces racailles".... Houston, nous avons un problème...
- Côte d'Ivoire, élections présidentielles...Les Ivoiriens voient double! Laurent Gbagbo s'accroche à son fauteuil de président comme un enfant à son jouet préféré... Et cela tourne aux affrontements, émeutes, mais Dieu et l'ONU les en préservent, la Guerre Civile n'aura pas lieu...
2011, si tu m'entends, apporte-nous calme, sérénité, stabilité, paix, compréhension... Je l'écris avec conviction, et pourtant... comment dire... j'y crois moyen... malheureusement.
Les cadeaux au pied du sapin.
samedi 25 décembre 2010
Cette année, il y avait un sapin "new generation" devant chez moi, au petit matin du 25 décembre... je n'ai pas osé ouvrir les cadeaux...
13.12.10
ExpoTango Chile!
lundi 13 décembre 2010
Pour ma part, je me suis contentée d'assister à quelques jolies démonstrations de tango dans le cadre de la première ExpoTango - Chile 2010, organisée par l'Ambassade d'Argentine et la Ville de Santiago, pour célébrer la Journée Mondiale du Tango (ah bon? encore une journée mondiale d'un truc dont on ne pouvait pas imaginer l'existence).
Organisée sur la Plaza de Armas, autour du kiosque qui abrite en temps normal les joueurs d'échec, cette bien belle manifestation nous a permis de faire un saut rapide de l'autre côté de la Cordillère, de nous laisser bercer par la beauté, la mélancolie et le glamour de cette danse complexe, précise et si représentative de la culture argentine.
Ah, trop trop envie de refaire un saut à Buenos Aires, dans les salles souterraines, sombres, où jouent des orchestres de tango pour des couples de tous âges au pied agile et au bras ferme mais souple.
29.11.10
Pulsar'10 - Olivia Ruiz @ Santiago
Et voilà, sous un soleil de plomb et un ciel azur, la Chica Chocolate a mis l'ambiance en anglais et en espagnol devant un public malheureusement peu nombreux, faute de communication efficace...
Cela ne l'a pas empêché d'y mettre, comme toujours, tout son coeur, son corps et ses tripes! C'était la bonne surprise du samedi après-midi!
Noël dans l'Hémisphère Sud - chap. I
Lundi 29 novembre 2010
Ce n'est pas parce qu'il fait 30ºC à l'ombre qu'il ne faut pas commencer à se mettre en mode "Noel Spirit"!
C'est sûr qu'en tongues et en bikini à J-27, on a du mal à capter l'ambiance festive, mais l'overdose de pubs pour les jouets, les décorations, les chants traditionnels au supermarché et les petits messages nous rappellent qu'il est temps de suspendre 3 guirlandes et 2 boules à mon yukka!
26.11.10
Manifestation nocturne contre la violence faite aux Femmes.
Ce fut une bonne surprise de voir "autant" de gens étant donné l'absence quasi-totale de soutien des media, pour cette Journée Mondiale contre la violence faite aux Femmes.
Femmes, enfants, hommes, lesbiennes, gays, couples, familles, amis, chiens, ont marché, bougie dans une main, pancartes dans l'autre, pour attirer l'attention sur une situation bien trop acceptée et banalisée dans la société chilienne.
Marcher et élever la voix...Pour les femmes, ici et dans le monde, tombées sous les coups répétés et dans le silence...
Marcher et élever la voix...Pour les femmes qui subissent aujourd'hui, le silence et la violence physique et verbale...
Marcher et élever la voix...Pour que les petites filles d'aujourd'hui ne soient pas, demain, des victimes de l'acceptation et la banalisation de la violence conjugale ou institutionnelle.
25.11.10
Journée mondiale contre la violence faite aux Femmes.
Santiago, Chili
La violence faite aux femmes n'est pas un phénomène nouveau, et n'est pas non plus un phénomène qui se limiterait aux frontières d'un seul pays, d'un seul continent... Non, c'est depuis toujours, et partout dans le monde.
Alors il est normal que la Journée contre la violence faite aux Femmes soit un évènement planétaire. Ce qui n'est pas normal, c'est qu'ici, au Chili, la couverture médiatique de cette journée soit si infime.
Twitter, Facebook, les réseaux sociaux chiliens se souviendront du 25 novembre 2010 comme la journée de la Honte pour le nouveau logo du Gouvernement de Sebastian Piñera.
Tristesse... Alors qu'on ne peut pas dire que les Chiliennes soient spécialement épargnées du côté des violences conjugales...
Et elles aussi, elles ont honte, se taisent, subissent...
L'une de ces victimes chiliennes me racontait qu'elle ne pouvait pas quitter le domicile conjugal sans ses enfants. Et qu'elle ne voulait pas séparer ses enfants de leur père, pour ne pas se le faire reprocher quand ils seraient plus grands... Aujourd'hui, les enfants de cette femme sont grands, et lui reprochent de ne pas avoir pris soin d'elle, de ne pas être partie... Comme quoi, même quand on pense agir au mieux...
Il existe un réseau d'entraide: la Red Chilena contra la Violencia doméstica y sexual . Il s'agit de parler aux femmes, leur apporter un soutien, leur expliquer que se taire ne fait qu'empirer la situation. Cette association organise des campagnes, des réunions, des manifestations à travers tout le Chili.
Mobilisons-nous, ne soyons pas complices!
- Santiago,Plaza Italia, 20.30 hrs.
- Arica, 21 deMayo con P Lynch, 19.00 hrs.
- Iquique,Plaza Condell, Tarapacá/Vivar, 18:30 hrs.
- Valparaíso,Congreso Nacional 20.00 hrs.
- Quintero,Plaza del Deportista, 12.00 hrs.
- Coltauco,Av. OHiggins/ Av. Prat hasta Plazuela A. Prat, 20:00 hrs.
- Talca,Salvador Allende-11 Oriente/2 Sur, 19.00 hrs.
- Arauco,Plaza de Armas, Esmeralda/Chacabuco, 14.30 hrs.
- Temuco,Plaza Teodoro Schmidt, 18.00 hrs.
- Valdivia,Paseo C. Henríquez/Plaza, 19.00 hrs.
- Osorno,Plaza Yungay, 18.30 hrs.
- Castro,Plaza de Castro, 19.00 hrs.
23.11.10
Tragédie à Phnom Penh - Black WaterFestival.
22 novembre 2010
From Chile to Cambodia...
Chaleur, évanouissements, mouvements de foule, panique... Rien de tout ça n'est arrivé lorsque j'ai participé à la Fête de l'Eau, le Water Festival de Phnom Penh qui célèbre la fin de la mousson et le changement de courant du Tonlé Sap/Mekong... Je n'en avais que d'excellents souvenirs, colorés, joyeux... Maintenant j'imagine la tragédie, sur les rives de ce fleuve, sur le pont, tous ces endroits où j'ai passé pas mal de temps lors de mon séjour au Cambodge.
R.I.P...
Phnom Penh Water Festival (c) Lau'dyssée - 23 novembre 2007Sur son site internet, le journal Libération a publié l'article suivant:
Au moins 345 personnes sont mortes, selon un bilan officiel encore provisoire, dans une bousculade survenue lundi sur un pont de Phnom Penh lors des traditionnelles festivités annuelles de la Fête de l’eau.Le drame a eu lieu dans la soirée sur le pont qui relie Phnom Penh et Diamond Island, petite île du fleuve Mékong sur laquelle se tenaient les festivités de la dernière des trois journées de la Fête de l’eau.
Les bilans successifs se sont très vite alourdis, et dans la nuit de lundi à mardi le porte-parole du gouvernement Khieu Kanharith a indiqué à l’AFP qu’au moins 345 personnes avaient été tuées.
«La plupart sont morts étouffés ou de blessures internes», a indiqué Khieu Kanharith, qui a ajouté que le nombre de blessés s’élevait à 440.
Le Premier ministre Hun Sen a estimé qu’il s’agissait de «la plus grande tragédie depuis le régime (des Khmers rouges) de Pol Pot» qui avait fait environ deux millions de morts, soit un quart de la population, sous la torture, d’épuisement ou de malnutrition entre 1975 et 1979.
Hun Sen a présenté ses condoléances aux familles des victimes en annonçant une journée de deuil national pour jeudi (bien jeudi).
Le Premier ministre a indiqué que les causes de la bousculade meurtrière n’étaient pas encore déterminées. «Il est nécessaire d’enquêter davantage sur ce qui s’est passé», a-t-il dit, annonçant qu’une commission allait être constituée à cet effet.
Selon le porte-parole du gouvernement, la rumeur selon laquelle le pont n’était pas stable se serait propagée parmi la foule. «Cela a déclenché un mouvement de panique. Il y avait trop de monde et les gens n’avaient nulle part où s’échapper», a-t-il ajouté.
Aussitôt après la bousculade, un photographe de l’AFP avait pu voir les corps d’au moins 50 personnes étendus près du pont qui mène à Diamond Island. Le hurlement des sirènes de dizaines d’ambulances qui se ruaient vers les lieux retentissait dans Phnom Penh.
De nombreuses personnes, dont beaucoup étaient en larmes, se sont rassemblées devant l’hôpital Calmette de la capitale cambodgienne.
«Il y a 105 morts à l’hôpital Calmette» et d’autres corps ont été transportés vers d’autres hôpitaux de la capitale, a déclaré dans la soirée à l’AFP un responsable de la police.
Des témoins ont raconté que des mouvements de foule avaient commencé sur le pont.
«Nous étions en train de traverser le pont vers Diamond Island lorsque les gens ont commencé à pousser de l’autre côté. Il y avait beaucoup de cris et de panique», a déclaré à l’AFP Kruon Hay, 23 ans, qui se trouvait encore sur les lieux.
«Les gens ont commencé à courir et ils tombaient les uns sur les autres. Je suis tombé moi aussi. Je n’ai survécu que parce que d’autres gens m’ont relevé. Beaucoup de gens ont sauté dans l’eau», a-t-il dit.
Des policiers transportaient les corps hors de la scène du drame, où les cadavres étaient alignés sur le sol. Une grande partie des victimes étaient de jeunes Cambodgiens.
Des millions de Cambodgiens se trouvaient à Phnom Penh pour assister aux courses de bateaux, aux concerts et aux feux d’artifice qui se déroulent tous les ans dans le cadre de la Fête de l’eau.
Cette fête a pour origine la volonté de remercier le fleuve Mékong, qui assure au Cambodge des sols fertiles et un poisson abondant. Elle est la plus grande fête traditionnelle du Cambodge. Rituellement fixée à la pleine lune de novembre, elle marque la fin des crues.
(Source AFP)
16.11.10
Partir pour voyager.
16 novembre 2010
Hasard, mon ami, comme tu fais bien les choses...
Au détour d'un forum, d'un message laissé, d'une réponse envoyée, je me suis retrouvée dans un minuscule appartement au 13ème étage à juste 5 minutes de chez moi devant une salade caprese et un plat de ravioli buenissimo préparés par Gionata, le motard-aventurier italien chez lequel j'ai donc été invité.
Le genre de rencontres qui inspire, fait réfléchir, suscite la curiosité, provoque des questions, excite la réflexion...
Gionata, 28 ans, de Florence, away from home depuis maintenant 6 ans... Il a quitté l'Italie avec sa moto, une Honda Transalp de 1987 aux couleurs de son pays, a traversé la Russie, la Chine, le Japon, l'Asie du Sud-Est, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Amérique du Sud... Mais il ne fait pas que passer. Il s'arrête, il vit, il partage, il donne, il aime, est aimé, et il travaille aussi... il faut quand même précisé qu'il a quitté son pays avec 2200€ en poche... Il existe maintenant toute une communauté qui le soutient, par l'intermédiaire de dons, ou en achetant des chemises ou t-shirts à l'effigie de son aventure....
En ce moment basé à Santiago, il réfléchit sur la suite de son voyage, comment mettre un oeuvre une structure qui lui permette de faire partager sur le terrain ce qu'il vit au quotidien depuis 2004. Il reprendra la route, vers le nord, probablement en mai 2011...
L'écouter raconter les centaines d'anecdotes qu'il a en stock, c'est assurément s'évader, rêver, frissonner, s'enthousiasmer et se réjouir de savoir qu'il existe encore de vrais aventuriers.
Et puis, comme il le dit, Gionata n'est pas parti pour arriver...Il est parti pour voyager.
Si vous voulez connaître son aventure plus en détails, le soutenir, ou voyager à ses côtés, cliquz sur l'image ci-dessous.
26.10.10
"Mineurs chiliens : après le show médiatique, les comptes ?" par Cristina L'Homme.
« Que sais-tu de la cordillère, dit la chanson… toi qui es né si loin. Il faut connaître la pierre qui couronne les glaciers, et parcourir, muet, les chemins du silence. » La voix du chanteur sur la place de Copiapó, rassemble les passants. Des passants qui ont les yeux injectés de sang, rouges, la peau tannée, les rides profondes. Des mineurs. Ils viennent tout juste de manifester.
La presse du monde entier est là, dans la ville ou sur les chemins qui mènent à la mine San José, mais elle ne s'intéresse pas à eux. Eux qui crient à l'injustice, parce qu'ils demandent que l'entreprise minière San Esteban (celle qui possède la mine San José) leur paye le salaire du mois de septembre et qu'elle leur remette leur solde de tout compte pour pouvoir, enfin, chercher du travail ailleurs.
Les journalistes passent devant sans poser de question
Le show est ailleurs. Les propriétaires de San Esteban le savent et en profitent ; ils disent être des « victimes », et expliquent à qui veut les entendre qu'ils vont devoir fermer boutique, se mettre en faillite. Manque de bol, un technicien qui a travaillé plus de deux mois autour des machines de sondage qui se sont affairées nuit et jour pour faire sortir les 33 mineurs, a lâché l'information à la presse locale : les forages ont mis à jour de nouvelles veines de la mine San José. D'or et de cuivre.
Les « dueños de la mina », (les patrons de la mine) de San Esteban ne pourront plus parler de faillite. Il va falloir payer. Et payer cher. Les familles des 33 mineurs se sont regroupées, elles ont pris un avocat.
Le tableau semble sorti du Moyen-Age
Les méchants proprios qui exploitent les mineurs, se remplissent les poches et se fichent des conditions de sécurité. Un cliché ? Ailleurs, on pourrait le dire, oui. Mais pour le Chili du XXIe siècle, qui connaît bien les conditions de travail des mines de petite et de moyenne taille, dans ce secteur qui lui rapporte la majeure partie de ses devises, c'est une réalité.
Pourtant, dans la même région, d'autres propriétaires, aussi puissants et argentés que ceux de San Esteban, comme Leonardo Farkas, adulé par les mineurs, donnent généreusement aux plus démunis. « Pour se faire voir », diront ses détracteurs. N'empêche. Farkas que les pauvres du Chili regardent comme un Robin des Bois, donne, et n'arrête pas de donner. Lui aussi a été mineur et fils de mineur. Et son discours pourrait être le suivant : « Moi je donne et je suis encore très riche. Si les autres propriétaires des mines faisaient la même chose, on pourrait combattre la pauvreté. »
Ça y est, ils sont sortis !
Le président chilien Sebastián Piñera a tiré tous les bénéfices du spectacle, les sondages ont grimpé à toute volée. Il aura été « le premier » à leur parler devant les caméras, « le premier » à leur donner l'accolade, « le premier » à leur présenter sa femme… tout comme les grandes marques internationales ont voulu être « les premières » à leur avoir envoyé du shampoing, de la mousse à raser, des baskets… et les journalistes « les premiers » à recueillir le premier baiser, la première sortie dans la rue, le premier verre de vin, le premier réveil…
Mais demain ? Demain ils seront aussi les premiers à les oublier. Comme on a oublié les 23 autres mineurs, morts et officiellement enregistrés (sans compter les autres qui n'auront pas été déclarés) dans les mines chiliennes en 2009.
Qu'en pensent « los 33 » ?
Les 33 mineurs attrapés depuis le 5 août après un éboulement d'une masse pesant environ 700 000 tonnes, n'en attendaient pas tant. Eux, ce dont ils rêvaient, c'était d'abord qu'on les trouve, puis qu'on les sorte vivants de l'enfer. Ils ont résisté, ils ont tenu le coup. Et leur arrivée, après ce long tunnel-cordon-ombilical qui les reliait à la lumière de cette nuit du 13 octobre, est un véritable hommage à la vie. Un hommage qu'ils ont (et nous avec eux, en direct), vécu avec les tripes. Et ce malgré le spectacle, le show et tout le reste.
Aujourd'hui, la fête les prend, ne les laisse pas s'échapper, mais au fond d'eux, quelque chose semble éteint. Ça se voit, ça se palpe. Il suffit de les regarder quand la caméra s'écarte. Les yeux qui se perdent dans le vide. Le rictus, le sourire forcé.
Quelques mineurs ont compris que les médias en soif de stars, leurs jetaient des paillettes, et qu'il faut en profiter tant que ça dure. La plupart ont saisi qu'ils pouvaient monnayer leur histoire à coups de millions pour s'assurer un avenir moins sombre que celui d'un simple mineur. Et qui songerait à s'en offusquer, après deux mois d'un cirque qui a rapporté des milliards à toutes les entreprises qui ont su en profiter…
D'autres s'enferment derrière des lunettes sombres, se protègent. Mais ça, il n'y a que les très proches parents qui le voient. Le cauchemar des 33 mineurs n'est pas vraiment terminé. A partir de maintenant, un autre cauchemar commence, celui qui consiste à faire face aux images du fond qui reviendront toujours, d'intégrer ce vécu pour qu'il ne les submerge pas, qu'il ne les empêche pas de vivre.
La fascination du monde entier peut facilement se
comprendre : l'événement fait appel à notre inconscient collectif, à la
peur de mourir étouffé, à l'angoisse du noir, de se trouver dans les
profondeurs de la Terre, au milieu de nulle part, entre roc et pierre,
seul. L'angoisse prend à la gorge parce qu'on s'identifie à l'être,
enfermé, à 700 m sous terre. Et ce n'est pas qu'un chiffre 700 m. Il
suffit de regarder par le hublot de l'avion, quand il décolle, pour
s'apercevoir qu'à cette hauteur-là, l'être humain est plus petit qu'un
petit point. Et d'imaginer l'inverse : être dans un lieu obscur, fermé,
et regarder vers le haut sans voir la lumière…
En marge du « spectacle », le quotidien du monde des mines
Je viens de passer du temps à Copiapó. Mais je suis partie quand la horde des journalistes est arrivée (2 000 à 2 500 personnes semble-t-il), trois jours avant le sauvetage. Et ce qui m'a frappé, c'est le drame humain du monde des mineurs qui s'y déroulait, en marge du show médiatique.
L'histoire des mineurs, c'est leur difficile accès à l'éducation, ce qu'ils transmettent à leurs enfants, la fierté d'être mineur, la réputation d'aimer profiter de la « belle vie », de boire, de tout dépenser le 15 du mois, dans les bars et chez les filles… Cette histoire, est celle de familles pauvres pour la plupart, dont les hommes s'engouffrent dans les mines et y retournent toujours, malgré les accidents, malgré la peur. C'est l'histoire d'hommes qui se taisent quand il y a un accident, de peur de perdre leur emploi et ne plus pouvoir nourrir leur famille.
Même si le mineur y gagne en moyenne plus que dans d'autres métiers (surtout s'il a reçu une formation et encore plus s'il est ingénieur), le monde des mineurs n'a rien d'enviable. Plusieurs femmes m'en ont parlé, qui appartiennent à des milieux sociaux très différents. Leur témoignage est aujourd'hui écrit noir sur blanc. Un moyen de rendre hommage à leur dignité, à cette force qu'elles ont affiché depuis le début et jusqu'à la fin. Pour elles, ce drame n'était pas un spectacle : elles étaient là parce qu'il y avait, sous terre, un mari, un père, un frère.
Le manque de sécurité n'est pas un problème nouveau
Le Chili, pays à tradition minière, le premier producteur de cuivre (une production qui représente un tiers de l'offre mondiale), ne découvre pas le problème de sécurité. Il le connaît depuis des siècles.
Il est absolument inconcevable que des institutions de l'Etat chilien puissent tenir le discours du « je ne savais pas », et encore moins du « nous sommes responsables mais pas coupables ». C'est pourtant ce qu'elles font en se renvoyant la balle : les uns auraient reçu des pressions ou disent avoir signé mais sans envie malgré des rapports alarmistes depuis 2001, les autres se réfugient derrière la question du chômage.
Parce qu'il ne faut pas oublier qu'elle s'était exprimée, la mine, elle avait prévenu : « Elle grinçait », disent les mineurs. « Elle était mauvaise, méchante. »
L'Etat n'a pas fait de cadeau, mais son devoir
Ne nous leurrons pas. Le Chili n'a pas fait de cadeau aux mineurs. Il a fait son devoir, n'ayant jamais assuré son rôle de contrôle de la sécurité d'un certain secteur minier (de petite et moyenne taille). Fermant les yeux sur tous les abus. Aujourd'hui, les 33 et leur joie d'être vivants et hors des entrailles de la Terre, cachent la réalité de leur monde, celui que dénoncent les manifestants sur la place de Copiapó.
Il suffit de se tourner vers un passé, pas si lointain, et se remémorer le 21 décembre 1907 : ce jour-là, l'armée tirait sur plus de 14 000 mineurs boliviens, chiliens et péruviens, manifestant dans le port d'Iquique pour dénoncer les conditions inhumaines de travail et les salaires ridicules. 2200 à 3600 personnes, femmes et enfants y ont laissé leur vie.
Photos : les foreuses de la mine san José, le « campamento Esperanza », un vrai petit village sorti de nulle part ; la mine Galleguillos, voisine de San José (Cristina L'Homme/Rue89).
[1] http://www.rue89.com/alma-latina
[2] http://www.rue89.com/alma-latina/2010/08/23/mineurs-au-chili-il-y-a-eu-un-relachement-du-cote-de-la-securite-163609
[3] http://www.rue89.com/alma-latina/2010/08/08/chili-33-hommes-coinces-au-fond-dune-mine-dans-le-nord-du-pays-161443
[4] http://www.rue89.com/tag/chili
[5] http://www.liberation.fr/monde/01012296805-au-chili-il-etait-temps-que-la-terre-donne-la-vie



















